Aspects physiologiques de la Respiration Consciente

Informations provenant de :

'Introduction à la Respiration Consciente', Dr Eve Jones, 1982

Recherches de l’équipe dirigée par M. Joris-Leblanc

Dr Marc Urbain, psychiatre

La respiration spécifique à la Respiration Consciente est ample et détendue, et s’effectue de façon consciente et continue.

La Respiration Consciente agit principalement sur deux processus simples :

Construction et maintien de la santé des tissus qui accomplissent leurs fonctions normales

Expulsion des déchets métaboliques hors des cellules et liquides organiques.

La vitalité, ou la bonne santé, est en liaison étroite avec la rapidité du corps à transformer l’énergie, dans ses fonctions anaboliques et cataboliques. Plus vite il fabrique, répare ou remplace les matériaux usés, meilleure est sa santé. Plus vite il élimine les déchets produits par ce travail ou par l’endommagement des tissus, plus le corps se conserve de lui-même en bon ordre.

Ici, il est important de reconnaître le rôle joué par la respiration, non par sa capacité à tirer l’oxygène de l’air, ce qui permet d’accomplir tout le travail physique, mais par sa fonction d’élimination des déchets : 3% des déchets sont éliminés par les selles, 7% par les urines, la peau filtre 20% et les 70% restants s’éliminent par la respiration.

Le corps modifie automatiquement son rythme cardiaque en fonction de son rythme respiratoire. Il peut donc bénéficier en toute sécurité d’une accélération du rythme cardiaque sans pour cela produire de nouveaux métabolites qui font souffrir le corps, et ceci en concentrant simplement l’attention sur la respiration et en respirant plus que d’habitude.

Un tel mode de respiration ouvre l’espace pulmonaire auparavant inutilisé et ainsi peut être appelé « sur ventilation » ou « hyper oxygénation ». Par le fait que l’expiration ne soit ni forcée ni prolongée, il ne peut y avoir aucune élimination excessive de CO2, phénomène qui est à l’origine de l’hyper ventilation.

L’hyper oxygénation apporte une expulsion de CO2 et un nettoyage cellulaire d’autant plus intense et profond que le débit sanguin est fortement accéléré et a pour effet une revitalisation de l’organisme.

La chute de pression du CO2 dans le sang conduit d’autre part à une alcalose respiratoire, c’est-à-dire à une augmentation du PH du sang.

L’hyper oxygénation favorise l’activité de la pompe diaphragmatique qui permet le drainage des masses sanguines souvent stagnantes des viscères.

Le cerveau se gonfle et se contracte au rythme de la respiration. L’hyper oxygénation exerce un véritable massage de cette masse spongieuse, drainant et revitalisant chaque cellule.

La chute des taux de CO2 dans le sang entraîne une diminution importante (jusqu’à 50%) du débit sanguin cérébral par vasoconstriction des vaisseaux.

La vasoconstriction des vaisseaux cérébraux apporte une diminution de la pression intracrânienne, notamment sur les noyaux centraux et le cerveau limbaire, ce qui peut faciliter le fonctionnement des régions anciennes du cerveau. Cela explique que la sur-ventilation favorise :

une levée de contrôle du cortex sur les cerveaux archaïques (limbique et reptilien), avec surgissement de la vie instinctive, des émotions refoulées et des souvenirs enfouis, et

un rééquilibrage des deux hémisphères avec remontée du cerveau droit, synthétique, musical, télépathique, relié, et plus généralement, analogique, remisé à l’arrière-plan dans notre culture alphanumérique.